Spectacle

POST

Elsa Guérin et Martin Palisse

Lieu de création : Création août 2011 au festival La Route du Cirque à Nexon - Prix du jury festival FIL à Rio de Janeiro 2013

Année de production : 2011

création 2011 à Nexon
« Qui est cet être humain là à côté de moi ? »

Porté par une vision du jonglage délaissant le seul intérêt spectaculaire au profit de l’enjeu dramatique et poétique, POST met en jeu deux humains, au beau milieu du vide, comme deux survivants de l’humanité s’accrochant à leurs balles et à l’autre pour subsister.

POST se concentre sur le rapport à l’autre, à l’espace et au temps, explore déplacements, verticalité, appuis, empêchement, endurance, et nous parle de l’humain, de son irrémédiable solitude, en même temps que de l’interdépendance entre les hommes.
Une relation aux accents mélancoliques exaltée par un puissant son post rock, entre communion abstraite et mélodrame sensible.

PROPOS ET INTENTIONS
Plus préoccupés de rapport sensible, de drame humain et de questions sur l’écriture que de surenchère ou de chorégraphie jonglée originale, nous voulions interroger la mise en scène – dans le sens de mise en espace, en temps, en lumière et en son – de deux jongleurs, comme « deux humains, survivants de l’humanité, au beau milieu du vide, s’accrochant à leurs balles et à l’autre, comme les éléments essentiels à leur survie ».
A la conception de ce spectacle donc, pas de thème ou de situation  »a priori ». Le propos découle de la pratique et du rapport physique entre les deux, rompant avec la staticité et la verticalité du corps du jongleur. Dans ce rapport physique, il est question d’interdépendance, de pression que l’on exerce sur l’autre, soit à vouloir être avec lui soit à vouloir le quitter, rompant ainsi cette vitale dépendance, et laissant l’autre, à un moment peut-être inopportun, face à un vide sidéral et sidérant. Il découle aussi du rapport des corps ensemble, et du rapport des spectateurs, au temps, pénétrant les dynamiques du rythme, de l’étirement, du lien sensible de chacun à la durée, et du rapport à l’espace, jouant des proximités, des verticalités, des vertiges, des forces naturelles (gravité, centrifuge), des contraintes, de la lumière et de ce que l’on donne à voir, jouant des impressions et des persistances.
Tout doit être dans l’acte. Là réside peut-être notre différence substantielle avec le théâtre… Ne pas faire dire aux gestes autres choses que ce qu’ils proposent. Les laisser parler. Les laisser être. Ne pas ajouter d’intentions surfaites. Ne pas fermer l’imaginaire en imposant un sens ou une lecture uniques. Ne pas jouer à être, être. Ne pas jouer à faire, faire.

L’idée d’exploit aussi est réinterrogée, resituée, oubliant un peu la surenchère et le crescendo habituels, retrouvant la notion de jeu et d’enjeu… Et pour pousser notre volonté de trouver pour le jonglage un autre enjeu que celui de la réussite, nous nous sommes imposés un empêchement quasi total de jongler en s’attachant et en s’aveuglant, replaçant l’enjeu du côté de l’endurance et du dépassement de la contrainte.
Et puis… se laver de toute l’imagerie et de la nostalgie du cirque, du music-hall aussi. Etre plus proches aussi des artistes ou des œuvres contemporaines qui nous inspirent, comme la musique post rock de God Speed You Black Emperor et de Thee Silver Mount Zion, où le cinéma de Gus Van Sant… Nous voulions un objet en adéquation avec notre temps, moderne, et même postmoderne… Un objet qui reflèterait à la fois légèreté et mélancolie, qui ferait part de cette « irrémédiable solitude de l’être humain, en même temps que de l’interdépendance entre les hommes ». Un objet un peu aride, qui demande toute l’attention et la participation du spectateur. Une surface comme un désert. Des corps comme une scénographie.
Et que l’on finisse enfin d’admirer la virtuosité pour ne plus se laisser traverser, émouvoir ou bouleverser que par la force poétique du mouvement, dans son abstraction pure, ou dans son évocation du théâtre de la vie… appelons ça comme on veut, mais un endroit résolument plus proche de Pina Bausch, Boris Charmatz ou Pippo Delbono que du Cirque du S……

Plus d‘infos

Age min. : + 10 ans

Durée : 1h

Création : 2011

Mentions :
Conception, mise en scène et jeu : Elsa Guérin & Martin Palisse - Collaboration artistique : Romuald Collinet, Manu Deligne - Lumière et scénographie : Elsa Guérin & Martin Palisse - Régie lumière et son : Manu Deligne - Production et diffusion Boris Sommet - Photos : Ludovic Combe, Philippe Laurençon, Christophe Raynaud de Lage - Musiques du spectacle : Godspeed You! Black Emperor, Plastikman, Thee Silver Mt Zion Orchestra & Tralala Band. Production : Cirque Bang Bang - Production déléguée : Le Sirque – Pôle national cirque de Nexon - Coproduction : Sémaphore scène conventionnée de Cébazat ; La Passerelle à Pont de Menat ; Théâtre de Cusset scène conventionnée - Soutiens : Le Sirque Pôle national cirque de Nexon ; Coopérative 2rue2cirque à Paris ; Ville de Cébazat ; Conseil Général du Puy de Dôme ; Conseil Régional d’Auvergne ; Ministère de la Culture DGCA – DRAC Auvergne et Institut français.

Revue de presse :

Mouvement, revue indisciplinée 
Publié le 01/01/2012
"Ouvrant de nouvelles voies pour le cirque contemporain, le Cirque Bang Bang et la Cie Un loup pour l’homme s’attachent à explorer l’enjeu dramatique qui émerge naturellement de leur discipline."

La Scène
Publié le 01/12/2011
"Le Cirque Bang Bang ouvre un nouveau chapitre dans l’histoire du jonglage, d’une fulgurante beauté et d’une farouche pertinence."

Le Populaire du Centre
Publié le 12/08/2011
"Post est un petit bijou. Dans cette pièce remarquable, (…) une grande maîtrise technique contribue à la force de ce spectacle plein de mystère, de grâce, d’élégance. Cette œuvre envoûtante provoque l’émotion (…), l’état de celui qui se sent atteint dans son humaine condition… Dans l’intention comme dans l’esthétique, (elle) accède à la beauté."